Rat brun sur du bois, illustration des rats à Montréal délogés par les chantiers

Rats à Montréal : pourquoi les chantiers les poussent vers les résidences

Un quartier tranquille, puis les pelles mécaniques arrivent pour refaire la rue ou les égouts. Quelques semaines plus tard, les résidents voisins découvrent des excréments dans le garage, des bruits la nuit, un terrier le long de la fondation. Le lien n’a rien d’un hasard. Les rats à Montréal se déplacent quand on perturbe leur monde souterrain, et la Ville le reconnaît noir sur blanc. Sa page officielle sur les rats et rongeurs à Montréal l’explique clairement : les rats remontent en surface lorsque les égouts sont endommagés ou lors de travaux d’excavation. Comprendre ce mécanisme aide à réagir vite, avant que le voisinage du chantier ne devienne le vôtre.

Un chantier, c’est un séisme pour une colonie de rats

Le rat brun, ou surmulot, vit en colonies dans un réseau invisible : égouts, terriers, vides sous les bâtiments. Ce monde souterrain est stable, jusqu’à ce qu’une excavation l’ouvre en deux. Quand une pelle éventre une canalisation ou creuse une tranchée, elle détruit des galeries et coupe des routes établies depuis des années. Les rats délogés ne disparaissent pas, ils cherchent un nouvel abri, et le plus proche est souvent le sous-sol de la maison d’à côté.

Un exterminateur cité par Radio-Canada attribue d’ailleurs la recrudescence récente à trois causes conjuguées : les chantiers qui facilitent l’accès aux égouts, les déchets ménagers, et les vieilles infrastructures d’égouts défectueuses. Le chantier n’invente pas les rats, il les met en mouvement.

Les données de la Ville confirment la tendance. Les plaintes au 311 pour des rats ont bondi d’environ 70 pour cent en deux ans, passant de près de 1 000 appels en 2022 à plus de 1 700 en 2024. Certains arrondissements ont vu leurs signalements plus que doubler, voire tripler. Là où le sol bouge, les rats suivent.

Les rats à Montréal, une biologie taillée pour l’intrusion

Pour comprendre pourquoi un chantier voisin devient si vite votre problème, il faut connaître l’animal. Le surmulot mesure de 17 à 23 centimètres de corps, plus une queue de 15 à 20 centimètres, et pèse de 100 à 500 grammes. Il n’a pas besoin d’une grande ouverture : une fissure de plus de 15 millimètres lui suffit pour entrer.

Sa capacité de reproduction explique la vitesse à laquelle une intrusion devient une infestation. Une femelle produit cinq à six portées par an, de cinq à douze petits chacune, avec une gestation d’environ vingt jours et une maturité sexuelle atteinte en deux mois. Quelques individus délogés d’un chantier peuvent fonder une colonie en une saison.

Caractéristique Donnée Conséquence pour la maison
Taille de passage Fissure de plus de 15 mm Entre par fondations et tuyaux
Portées par an 5 à 6 Colonisation rapide
Petits par portée 5 à 12 Population qui explose
Rayon de déplacement 50 à 100 m autour du nid Un chantier proche suffit
Nage et grimpe Excellent nageur Peut remonter par la plomberie

Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête. Le surmulot est un excellent nageur, capable de remonter par les tuyaux d’écoulement et parfois même par la cuvette des toilettes. Ce n’est pas une légende urbaine, c’est une réalité documentée du comportement de l’espèce. Un rat délogé d’un égout endommagé peut donc réapparaître à l’intérieur d’un logement par le chemin le plus improbable.

Ce profil biologique explique aussi pourquoi les rats à Montréal prospèrent particulièrement dans les quartiers anciens. Vieilles conduites d’égout fissurées, ruelles avec compost et déchets, sous-sols de bâtiments centenaires aux fondations poreuses : tout y est réuni pour nourrir et abriter des colonies. Un chantier qui vient perturber ce terreau déjà favorable agit comme un déclencheur, pas comme une cause unique. Les rats étaient là, discrets, sous la surface. Les travaux ne font que les forcer à sortir de l’ombre, souvent vers l’habitation la plus proche et la plus accessible.

Reconnaître l’installation avant qu’elle ne s’enracine

Les rats laissent des traces bien avant qu’on les voie. Le premier signe, ce sont les excréments : sombres, plus gros qu’un grain de riz, souvent regroupés dans les coins, derrière les meubles ou le long des murs. Une odeur d’urine persistante dans un sous-sol ou un garage accompagne fréquemment leur présence.

Dehors, cherchez les terriers le long des fondations, ces trous de la taille d’une pièce de monnaie creusés dans la terre meuble près d’un mur. À l’intérieur, repérez les emballages rongés, les fils grignotés, les trous frais dans une cloison ou un bas de mur. Et bien sûr, les bruits nocturnes, grattements et couinements, qui trahissent une activité entre les murs ou au plafond.

Quand ces indices apparaissent après le début d’un chantier de quartier, à Montréal comme à Saint-Laurent, il ne faut pas attendre. Une intervention professionnelle contre les rats menée tôt bloque la colonisation avant qu’elle ne s’installe pour de bon. Le rat est méfiant et rusé, bien plus difficile à piéger qu’une souris, et une infestation établie exige des semaines d’efforts là où quelques individus interceptés se règlent vite.

Qui fait quoi, entre la Ville et vous

La responsabilité se partage selon l’endroit. Sur le domaine public, la Ville intervient : les égouts, les rues, les parcs relèvent d’elle, et le 311 sert à signaler les rats dans ces espaces. Depuis 2016, des milliers d’appels ont été recensés, et l’opposition municipale a même réclamé une dératisation systématique lors de tout chantier ouvrant le réseau d’égouts. Une idée de bon sens, quand on connaît le lien entre excavation et migration.

Sur votre terrain, en revanche, la balle est dans votre camp. Le problème provient généralement des égouts, mais le traitement du bâtiment relève du propriétaire, qui doit mandater un exterminateur qualifié. À noter aussi qu’à Montréal, l’usage de certains rodenticides est restreint depuis le 1er janvier 2022, avec un permis annuel exigé pour l’usage commercial extérieur. Raison de plus de confier l’affaire à un professionnel qui connaît la réglementation. Ma conviction, après avoir vu le scénario se répéter : dès qu’un chantier ouvre le sol dans votre rue, une inspection préventive des points d’entrée de votre maison est le meilleur investissement possible.

Ne laissez pas le chantier voisin devenir le vôtre

Les rats ne surgissent pas de nulle part. Ils remontent, chassés d’un sous-sol par une pelle mécanique, et cherchent la première ouverture disponible. Si des travaux commencent près de chez vous, prenez les devants : inspectez vos fondations, scellez les fissures de plus de 15 millimètres, sécurisez vos poubelles, et surveillez les premiers signes. Signalez au 311 ce qui relève du domaine public, et faites traiter sans tarder ce qui touche votre bâtiment. Le rat profite de la lenteur et de l’attente. La colonie qu’on ignore aujourd’hui est celle qu’on paiera cher dans trois mois. Un rat isolé intercepté dès son arrivée se règle en quelques jours; une famille installée derrière vos fondations depuis l’automne demande des semaines de piégeage patient et de calfeutrage méthodique. La différence entre les deux tient souvent à la vitesse de réaction dans les jours qui suivent l’ouverture d’un chantier.

Questions fréquentes

Un rat peut-il vraiment remonter par la toilette à Montréal?

Oui. Le surmulot est un excellent nageur capable de progresser dans les tuyaux d’écoulement et de remonter, dans certains cas, par la cuvette des toilettes. C’est un comportement documenté de l’espèce, favorisé par un réseau d’égouts endommagé, notamment lors de travaux.

Pourquoi y a-t-il plus de rats depuis les travaux dans mon quartier?

Parce que l’excavation détruit les galeries et les égouts où vivent les colonies, forçant les rats à chercher un nouvel abri. La maison voisine du chantier devient une cible naturelle. La Ville de Montréal reconnaît explicitement ce lien entre travaux et remontée des rats.

Les rats dans les égouts, c’est la Ville ou le propriétaire?

Les deux, selon l’endroit. La Ville s’occupe du domaine public, dont les égouts et les rues, signalables au 311. Le traitement de votre bâtiment relève du propriétaire, qui doit mandater un exterminateur, même si le problème provient à l’origine du réseau souterrain.

Comment reconnaître un terrier de rat le long des fondations?

Cherchez un trou d’environ la taille d’une pièce de monnaie, creusé dans la terre meuble contre un mur de fondation, souvent avec un sol tassé à l’entrée. Des excréments sombres à proximité et des sentiers dans la végétation confirment une activité de rats.

Que faire dès qu’un chantier commence près de chez moi?

Agissez en prévention. Inspectez et scellez les fissures de plus de 15 millimètres dans vos fondations, sécurisez poubelles et compost, et surveillez les premiers signes d’intrusion. Au moindre doute, une inspection professionnelle vaut mieux qu’attendre que la colonie s’installe.

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